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Référent harcèlement dans le CSE : missions, formation et bonnes pratiques

  • 18 juin
  • 4 min de lecture

💡 Les points essentiels à retenir :

• La désignation d'un référent harcèlement est une obligation légale dans tous les CSE, dès 11 salariés, et son mandat est à haut risque.

• Son rôle dépasse la simple écoute : il exige la maîtrise de l'enquête interne, du cadre légal et une confidentialité absolue.

• Exercer ce mandat sans une formation spécifique est dangereux ; la formation est le seul garant d'une action juste et protectrice pour le salarié et l'élu.



La désignation d'un référent en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes n'est pas une suggestion, c'est une obligation légale pour tous les CSE depuis la loi "Avenir professionnel" de 2018. Ce mandat, souvent perçu comme sensible et complexe, est pourtant un pilier de la protection des salariés. Mais pour qu'il soit efficace, il ne suffit pas de nommer quelqu'un. Il faut comprendre ses missions exactes, assurer sa formation et lui donner les moyens d'agir. En tant que spécialistes de ces sujets, nous voyons lors de nos formations CSE à Montpellier et formations CSE à Marseille trop d'élus démunis face à la complexité de ce rôle.


Un mandat obligatoire et non négociable : le cadre légal du référent harcèlement


Depuis le 1er janvier 2019, chaque Comité Social et Économique, quel que soit l'effectif de l'entreprise (dès 11 salariés donc), doit désigner un référent parmi ses membres. Cette désignation se fait par une résolution adoptée à la majorité des membres présents lors d'une réunion du CSE. Le mandat du référent coïncide avec la durée du mandat des élus du comité.


L'enjeu est de taille. Le harcèlement, qu'il soit moral ou sexuel, n'est pas une fatalité. C'est un risque professionnel majeur qui engage directement la responsabilité de l'employeur au titre de son obligation de sécurité. Le référent CSE est l'un des rouages essentiels du dispositif de prévention et d'alerte.


Attention à la confusion : le double référent (côté CSE, côté employeur)


C'est un point technique qui génère souvent des confusions. La loi a en réalité créé deux référents distincts :


  1. Le référent désigné par le CSE : C'est un élu du personnel, qui a pour mission d'orienter, d'informer et d'accompagner les salariés. C'est de lui dont nous parlons ici.

  2. Le référent désigné par l'employeur : Obligatoire uniquement dans les entreprises de 250 salariés et plus, il est le contact privilégié de la direction pour mettre en œuvre la politique de prévention.


Ces deux référents ne sont pas concurrents, mais complémentaires. Celui du CSE est un interlocuteur de proximité pour les salariés, tandis que celui de l'entreprise est un acteur de la politique RH.


Les missions concrètes du référent : bien plus qu'une simple écoute


Le rôle du référent harcèlement ne se limite pas à une écoute passive. Ses missions sont larges et stratégiques :


  • Prévenir : Participer à la sensibilisation des salariés, proposer des actions de communication et de formation.

  • Orienter : Guider un salarié qui s'estime victime vers les bons interlocuteurs (médecin du travail, inspection du travail, associations...).

  • Accompagner : Soutenir le salarié dans ses démarches, sans jamais se substituer à lui.

  • Alerter : En tant que membre du CSE, il peut utiliser le droit d'alerte en cas d'atteinte aux droits des personnes pour déclencher une enquête conjointe avec l'employeur.


👉 Une de ses missions les plus délicates est de savoir recueillir un signalement. Cela exige une posture d'écoute active, de non-jugement et une garantie de confidentialité absolue.


La formation : un prérequis indispensable pour un mandat à haut risque


En toute franchise, exercer ce mandat sans formation est dangereux. Dangereux pour le référent, qui peut commettre des erreurs (rupture de confidentialité, conseil inadapté), et dangereux pour le salarié, qui risque de ne pas être protégé correctement.

La formation est le seul moyen d'acquérir les compétences techniques et humaines nécessaires :


  • Maîtriser le cadre légal : Savoir définir précisément ce qu'est le harcèlement sexuel, les agissements sexistes, et les distinguer du harcèlement moral.

  • Savoir mener une enquête interne : Apprendre à conduire des entretiens, à recueillir des témoignages de manière factuelle et impartiale, et à rédiger un rapport. C'est une compétence cruciale qui ne s'improvise pas.

  • Adopter la bonne posture : Gérer la charge émotionnelle, maintenir la juste distance, garantir la confidentialité et connaître les limites de son rôle.


C'est pourquoi nous avons développé chez FORMA SAUVER une formation dédiée d'une journée pour les référents harcèlement. Elle est conçue pour être extrêmement pragmatique, basée sur des mises en situation et des études de cas réels.


Les bonnes pratiques d'un référent harcèlement efficace et protégé


Pour mener à bien sa mission, le référent doit s'appuyer sur quelques principes cardinaux :


  1. La confidentialité est sacrée : Rien de ce qui est dit ne doit être divulgué sans l'accord explicite de la personne.

  2. Documenter chaque étape : Tenir un suivi écrit (daté, factuel) des démarches entreprises est essentiel pour la traçabilité.

  3. Ne jamais rester seul : Le référent doit travailler en lien avec les autres élus du CSE et, si besoin, s'appuyer sur des experts externes.

  4. Agir, pas juger : Son rôle n'est pas de déterminer la véracité des faits, mais de déclencher les procédures qui permettront de l'établir (comme l'enquête interne).


Ce mandat est exigeant, mais il est au cœur de la mission de protection des salariés qui incombe au CSE. Le former, c'est lui donner les moyens de transformer cette obligation en une action concrète et efficace pour un environnement de travail plus sain.

 
 
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