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SST ou PSC1 : quelle formation de secourisme choisir pour vos salariés ?

SST ou PSC1 : quelle formation de secourisme choisir pour vos salariés ?

il y a 3 heures
12 min de lecture

Par MARHI Saghira, directrice de FORMA SAUVER, formatrice experte en santé et sécurité des salariés · Textes en vigueur vérifiés le 30 octobre 2026

Les chiffres clés

  • 14 h — durée de la formation initiale SST, en présentiel, hors risques spécifiques (INRS, fiche de formation SST 003)

  • 7 h — durée minimale du PSC1, ouvert à toute personne dès 10 ans (Arrêté du 24 juillet 2007 modifié, fiche Inventaire n° 2387)

  • 24 mois — validité du certificat SST, contre une validité permanente pour le PSC1 (INRS)

  • R. 4224-15 — article du Code du travail qui exige « la formation de secouriste nécessaire » sans nommer de diplôme (Code du travail)


Pour répondre à l'obligation de secourisme du Code du travail, le sauveteur secouriste du travail (SST) est la formation de référence : 14 heures, centrées sur les risques de l'entreprise, avec un recyclage tous les 24 mois. Le PSC1 (prévention et secours civiques de niveau 1) est la formation citoyenne de la sécurité civile : 7 heures au minimum, sans recyclage imposé, ouverte dès 10 ans. Un certificat SST à jour est reconnu comme l'équivalent du PSC1 ; l'inverse n'est pas vrai. Pour vos salariés, le choix dépend du poste, des risques et de ce que vous devez pouvoir prouver.

En résumé : L'article R. 4224-15 du Code du travail impose « la formation de secouriste nécessaire » à un membre du personnel dans chaque atelier à travaux dangereux et sur chaque chantier d'au moins 20 travailleurs pendant plus de 15 jours ; l'article R. 4224-16 impose à tout employeur sans infirmier d'organiser les premiers secours après avis du médecin du travail et de consigner ces mesures. Aucun des deux textes ne nomme un diplôme. Le SST, piloté par l'INRS et l'Assurance Maladie – Risques professionnels, dure 14 heures en présentiel, inclut la prévention des risques et se recycle par un MAC de 7 heures tous les 24 mois. Le PSC1, défini par l'arrêté du 24 juillet 2007 modifié, dure 7 heures au minimum, délivre un certificat à validité permanente et ne traite pas de prévention en entreprise. Un SST à jour est reconnu comme l'équivalent du PSC1 (arrêté du 5 décembre 2002) ; le titulaire d'un PSC1 doit suivre une formation passerelle pour obtenir le SST.

Exemple : Transolog Gard, plateforme logistique de 48 salariés près de Nîmes, travaille en deux équipes, avec quais de chargement et chariots élévateurs. La nouvelle responsable RH recense les secouristes : quatre salariés détiennent un PSC1 passé au lycée ou dans un club sportif, parfois dix ans plus tôt ; aucun n'a de certificat SST. Le médecin du travail lui demande le document d'organisation des secours prévu par l'article R. 4224-16. Elle ne peut ni dater les compétences de ses quatre « secouristes », ni prouver qu'ils sauraient gérer un pied écrasé sous une palette. La question n'est plus « PSC1 ou SST ? » mais « que faut-il pour couvrir chaque équipe, et avec quelle preuve ? ».

SST et PSC1 : deux formations, deux ministères, deux logiques

Les deux sigles désignent des formations de premiers secours, mais elles ne viennent pas du même monde.

  • Le sauveteur secouriste du travail (SST) relève de la santé au travail. Le dispositif est conçu et piloté par l'INRS et l'Assurance Maladie – Risques professionnels, pour les salariés du régime général. Il répond à une question d'employeur : comment porter secours à un collègue victime d'un accident ou d'un malaise, avec les risques de l'entreprise, et comment éviter que l'accident se reproduise.

  • Le PSC1 (prévention et secours civiques de niveau 1) relève de la sécurité civile, donc du ministère de l'Intérieur. Son référentiel national de compétences est fixé par l'arrêté du 24 juillet 2007 modifié. Il s'adresse à tout citoyen, dès 10 ans, pour les accidents de la vie courante : à la maison, dans la rue, en sport.


Ce que le Code du travail exige, et ce qu'il ne dit pas

Le Code du travail ne tranche pas entre SST et PSC1, pour une raison simple : il ne nomme aucun diplôme.

L'article R. 4224-15 dispose qu'« un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d'urgence » dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux et sur chaque chantier employant au moins 20 travailleurs pendant plus de 15 jours où sont réalisés des travaux dangereux. C'est l'adjectif « nécessaire » qui compte : la formation doit être à la hauteur de l'urgence qui peut survenir à ce poste.

L'article R. 4224-16 s'applique à toutes les entreprises sans infirmier présent en permanence. L'employeur prend, après avis du médecin du travail, les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours aux accidentés et aux malades, les adapte à la nature des risques, les organise en liaison avec les services de secours extérieurs et les consigne dans un document tenu à la disposition de l'inspecteur du travail.

Trois conséquences pour votre choix :

  • vous choisissez la formation, mais vous devez pouvoir justifier qu'elle est adaptée aux risques de l'atelier ou du chantier ;

  • le médecin du travail donne son avis sur l'organisation des secours, donc sur le niveau de formation des secouristes ;

  • vous devez pouvoir prouver la compétence des secouristes à la date du contrôle ou de l'accident ; un certificat daté et à jour est la preuve la plus simple.


En pratique. Le SST n'est pas « obligatoire » au sens strict, mais c'est la formation que l'INRS et l'Assurance Maladie ont construite pour répondre à ces articles. Un PSC1 n'est pas interdit ; il vous laisse davantage à démontrer.

Le SST : 14 heures pensées pour l'entreprise

Selon la fiche INRS « Devenir sauveteur secouriste du travail » (référence SST 003), la formation initiale dure 14 heures en présentiel, auxquelles s'ajoute si besoin le temps nécessaire pour traiter les risques spécifiques de l'entreprise ou de la profession. Elle vise deux compétences :

  • intervenir efficacement face à un accident du travail : protéger, examiner, alerter, secourir ;

  • contribuer à la prévention des risques professionnels : repérer les dangers et les personnes exposées, déterminer les risques, faire remonter l'information.


Le second volet fait la différence : le stagiaire apprend à signaler un danger avant l'accident, pas seulement à réagir après.

Le certificat SST est délivré aux participants qui ont suivi la totalité de la formation et satisfait aux évaluations certificatives. Il est valable 24 mois. Pour prolonger sa validité, le salarié suit un maintien et actualisation des compétences (MAC) de 7 heures, en présentiel, lui aussi évalué, puis renouvelle l'opération tous les 24 mois.

La formation comme le MAC sont assurés par un formateur SST certifié, rattaché à une entreprise ou à un organisme habilité par l'Assurance Maladie – Risques professionnels et l'INRS. La liste des organismes habilités est publiée sur le site de l'INRS : vérifiez-la avant de signer.

Le PSC1 : 7 heures pour le citoyen

Le PSC1 est défini par l'arrêté du 24 juillet 2007 modifié fixant le référentiel national de compétences de sécurité civile relatif à cette unité d'enseignement. D'après la fiche n° 2387 de l'Inventaire des certifications publiée par France compétences :

  • la durée est de 7 heures au minimum ;

  • la formation est ouverte à toute personne âgée d'au moins 10 ans ;

  • le participant apprend à assurer sa protection, celle de la victime et des témoins, à transmettre l'alerte au service adapté et à réaliser les premiers gestes face à une obstruction des voies aériennes, un saignement abondant, une personne inconsciente qui respire, un arrêt cardiaque, un malaise et un traumatisme ;

  • toutes les compétences sont évaluées ; le certificat est délivré à celui qui a participé à toutes les phases, réalisé tous les gestes et tenu au moins une fois le rôle du sauveteur en situation d'application ;

  • la formation est dispensée par un organisme public habilité ou une association nationale agréée de sécurité civile ;

  • la validité du certificat est permanente : aucun texte n'impose de recyclage.


Le PSC1 est donc une formation courte et répandue : beaucoup de vos salariés l'ont suivie au collège, au lycée ou dans une association. C'est sa force, et sa limite en entreprise : il ne traite ni de la prévention des risques professionnels, ni des risques propres à votre activité, et rien n'oblige son titulaire à rafraîchir ses gestes.

En pratique. Un PSC1 obtenu il y a huit ans sans aucun rappel atteste d'une formation passée, pas d'une compétence présente.

SST ou PSC1 : le comparatif point par point

Critère

SST

PSC1

Public

Salariés, en priorité du régime général

Tout public à partir de 10 ans

Durée

14 heures en présentiel, plus le temps consacré aux risques spécifiques

7 heures au minimum

Contenu

Secours (protéger, examiner, alerter, secourir) et prévention des risques professionnels

Protection, alerte et gestes face aux urgences de la vie courante

Adaptation aux risques de l'entreprise

Prévue par le dispositif

Non prévue

Validité du certificat

24 mois

Permanente

Recyclage

MAC de 7 heures tous les 24 mois, indispensable pour rester certifié

Aucun recyclage imposé

Qui forme

Formateur SST certifié d'un organisme habilité

Organisme public habilité ou association agréée de sécurité civile

Équivalence

Un SST à jour est reconnu comme l'équivalent du PSC1

Le PSC1 ne vaut pas SST : formation passerelle nécessaire


À retenir. Sur les gestes d'urgence vitale, les deux formations se recoupent. Sur l'adaptation aux risques, la prévention, le suivi dans le temps et la preuve, le SST est seul.

Équivalences : un SST à jour vaut PSC1, pas l'inverse

Dans le sens SST vers PSC1, la réponse est oui. L'arrêté du 5 décembre 2002 du ministère de l'Intérieur reconnaît aux titulaires du certificat de sauveteur secouriste du travail à jour de leur recyclage la détention de l'attestation de formation aux premiers secours (AFPS), à laquelle le PSC1 a succédé en 2007. Un salarié SST dont le MAC est à jour peut donc faire valoir l'équivalent du PSC1, par exemple pour une activité associative. La condition « à jour » est stricte : un SST périmé ne vaut plus rien, ni comme SST, ni comme PSC1.

Dans le sens PSC1 vers SST, il n'y a pas d'équivalence. L'INRS précise qu'un titulaire du PSC1 de moins de deux ans peut obtenir le certificat SST en suivant une formation passerelle complémentaire, dispensée par l'entreprise ou un organisme habilité. Au-delà de deux ans, le salarié suit la formation initiale complète de 14 heures. La durée de la passerelle n'est pas fixée par un texte réglementaire : renseignez-vous auprès de l'organisme habilité.

En pratique. Demandez une copie datée de chaque certificat. Un PSC1 de moins de deux ans ouvre la passerelle ; un PSC1 plus ancien n'allège rien. Un SST à jour couvre les deux besoins.

Quelle formation pour quelle situation ?

Situation

Formation adaptée

Pourquoi

Atelier à travaux dangereux, chantier d'au moins 20 travailleurs pendant plus de 15 jours

SST

La « formation de secouriste nécessaire » de l'article R. 4224-15 doit être adaptée aux risques du poste

Entrepôt, logistique, agroalimentaire, petit BTP

SST

Risques mécaniques et de manutention fréquents ; la prévention fait partie de la formation

Bureaux, commerce, services sans infirmier

SST pour les secouristes désignés

L'article R. 4224-16 impose une organisation des secours adaptée ; un certificat daté et recyclé en est la preuve la plus simple

Salarié déjà titulaire d'un PSC1 de moins de deux ans

Passerelle vers le SST

Reconnaissance des acquis, puis certificat SST avec son calendrier de MAC

Sensibilisation de l'ensemble du personnel

Module court de premiers secours ou PSC1

Diffuser les gestes qui sauvent sans faire de chacun un secouriste désigné


Le raisonnement tient en une phrase : les secouristes que vous désignez pour répondre au Code du travail sont formés SST ; le PSC1 et les modules courts servent à élargir le cercle de ceux qui savent réagir, pas à le remplacer.

Faire le choix en pratique : la méthode en cinq étapes

  • Étape 1 – Partez de votre DUERP. Repérez les ateliers et chantiers à travaux dangereux (article R. 4224-15) et les risques dominants de chaque zone : machines, chariots, produits chimiques, électricité, travail isolé.

  • Étape 2 – Recensez les certificats existants. Pour chaque salarié : SST (date de fin de validité), PSC1 (date d'obtention). Classez en trois colonnes : à jour, à recycler, à former.

  • Étape 3 – Sollicitez le médecin du travail. Son avis est exigé par l'article R. 4224-16. Soumettez-lui le nombre, la répartition et le niveau de formation de vos secouristes.

  • Étape 4 – Décidez par équipe et par site. Un secouriste SST présent à chaque instant où des salariés travaillent, plus un remplaçant ; passerelle pour les PSC1 récents ; module court pour les autres.

  • Étape 5 – Inscrivez le tout dans le document d'organisation des secours et dans votre plan de formation, avec les dates de MAC à 24 mois.


En pratique. Chez Transolog Gard, la solution a tenu en une page : deux SST par équipe, une passerelle pour le seul PSC1 de moins de deux ans, un module court de premiers secours pour les autres salariés et un calendrier de MAC inscrit dans le plan de formation.

Les erreurs à éviter

  • Considérer qu'un PSC1 ancien fait un secouriste d'entreprise. Le certificat est permanent, pas la compétence. Face à l'article R. 4224-15, vous devez justifier d'une formation « nécessaire » et adaptée ; un PSC1 de dix ans sans rappel ne le permet pas.

  • Croire qu'un SST périmé vaut encore PSC1. L'équivalence de l'arrêté du 5 décembre 2002 est réservée aux SST à jour de leur recyclage. Passé 24 mois sans MAC, le salarié ne peut se prévaloir d'aucun des deux.

  • Choisir le PSC1 pour ses 7 heures. La journée gagnée se paie en absence de volet prévention, d'adaptation à vos risques et de recyclage. Pour les secouristes désignés, le calcul est perdant.

  • Oublier l'avis du médecin du travail et le document écrit. L'article R. 4224-16 exige les deux. Le choix de la formation fait partie des mesures à consigner.

  • Former sans vérifier l'habilitation de l'organisme. Un « SST » délivré par un organisme non habilité n'est pas un certificat SST. Vérifiez la liste publiée par l'INRS.


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Questions fréquentes

Le PSC1 suffit-il pour répondre à l'obligation de secouriste du Code du travail ?

Le Code du travail ne nomme aucun diplôme : l'article R. 4224-15 exige « la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d'urgence » dans les ateliers à travaux dangereux et sur certains chantiers, et l'article R. 4224-16 impose une organisation des secours adaptée aux risques, après avis du médecin du travail. Un PSC1 n'est pas interdit, mais il ne traite ni des risques de l'entreprise ni de la prévention, et il n'est jamais recyclé ; le SST reste la formation de référence pour les secouristes désignés.

Quelle est la différence de durée entre SST et PSC1 ?

La formation initiale SST dure 14 heures en présentiel, complétées si nécessaire par le temps consacré aux risques spécifiques de l'entreprise (fiche INRS SST 003). Le PSC1 dure 7 heures au minimum selon le référentiel national fixé par l'arrêté du 24 juillet 2007 modifié. Le SST ajoute ensuite un MAC de 7 heures tous les 24 mois ; le PSC1 n'a pas de recyclage imposé.

Un salarié SST doit-il repasser le PSC1 ?

Non, tant que son certificat est à jour. L'arrêté du 5 décembre 2002 reconnaît aux titulaires du certificat SST à jour de leur recyclage la détention de l'AFPS, devenue PSC1 en 2007. Un SST dont le MAC a été suivi dans les délais peut donc faire valoir l'équivalent du PSC1. Un SST périmé ne le peut plus.

Un salarié titulaire du PSC1 peut-il devenir SST plus vite ?

Oui, sous condition. L'INRS indique qu'un titulaire du PSC1 de moins de deux ans peut obtenir le certificat SST par une formation passerelle complémentaire, dispensée par l'entreprise ou un organisme habilité. Au-delà de deux ans, il suit la formation initiale complète de 14 heures. La durée de la passerelle n'est pas fixée par un texte : demandez-la à l'organisme.

Le PSC1 a-t-il une durée de validité ?

Non. Le certificat PSC1 a une validité permanente et aucun texte n'impose de recyclage. C'est l'une des grandes différences avec le SST, dont le certificat expire au bout de 24 mois sans MAC. Pour un secouriste d'entreprise, rien ne garantit donc que des gestes appris il y a cinq ans sont encore maîtrisés.

Peut-on former tout le personnel au PSC1 plutôt que quelques SST ?

Vous pouvez compléter, pas remplacer. Désignez d'abord des secouristes SST en nombre suffisant par équipe et par site, puis élargissez avec un PSC1 ou un module court de premiers secours pour le reste du personnel. La seconde démarche ne vous dispense pas de la première.

Sources


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